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April 03 ESCARGOT EN TRANSIT
ESCARGOT EN TRANSIT
Un escargot tout chaud Qu’on suivait à la trace Errait de ville en ville Où il allait, servile Car tenait à sa place Et voulait du boulot.
Il a connu la mer Le long des golfes clairs S’est traîné à Toulouse Au cri de Nougaro. Puis il a eu le blues A Monté Vidéo
Il n’y a trouvé personne Et ses pas y résonnent Il voulait voir Vesoul Et il a vu Honfleur Tout ça le rend maboul C’est un énorme leurre.
Allant de place en place En tirant la grimace Il se résout alors A porter sa maison Il a perdu le nord Ainsi que la raison !
Ne voit plus sa famille Erre dans le vaste monde Pour toute indemnité Perd son hérédité La terre n’est plus ronde Son esprit part en vrille
A cause du boulot Il a perdu sa femme Pour gagner des euros Il a vendu son âme N’a plus dogme ni rites Devient hermaphrodite !
Retenons la leçon De ce pauvre garçon : « Sortez de votre carapace, ne vivez plus d’instants fugaces ! osez vivre votre destinée car une seule fois vous êtes nés ! » March 29 bizbiz l'abeille ou quoi une grève!BIZBIZ L’ABEILLE
Bizbiz la jeune abeille A toute autre pareille, Hardie au labeur Dans son étroit tailleur, Sous l’œil preste du bourdon Butinait avec application Une primevère fraîchement éclose Fleurissant gaiement à côté d’une rose.
Dans cette ruche unie Très bien organisée Quiconque y a sa place Un rôle pour chacun. Du soir au matin Besognant en masse Les ouvrières rayées Ne flânent pas au lit.
Elle est célèbre cette ruche Cette grande entreprise Parvenue sans embûches A avoir la main mise Sur toutes les plus belles fleurs D’un gigantesque secteur. Renommée pour son miel Et toute sa kyrielle.
Bizbiz, laborieuse, Diligente, récoltait Sa moisson de pollen Volant toute exaltée Jusqu’à en perdre haleine De la mauve scabieuse A la tendre pensée Frôlant les hautes haies.
Quand soudain Surgi de nulle part Un énorme cheval Suivi de son poulain Déboula en aval Sans même crier gare. La heurta de plein fouet Elle tomba sur le pré.
Les journalières bondirent leurs nettes coiffes blanches posées tout de guingois en biais sur leurs antennes hurlant on ne sait quoi elles ont bien trop de peine telles des avalanches et redoutant le pire.
Abîmée de douleur Elle ne peut travailler Mais comble de l’horreur N’est pas dédommagée Accident du travail Crient en chœur les ouailles Mais rien n’est accepté Et la grève est lancée !
Grève sauvage, hirsute Tout le monde se dispute ! Les esprits s’arc-boutent C’est l’éminente déroute A grands coups de pressions Vient la désorganisation Utilisant la force Tout est bien vite atroce
La reine est affamée Son ventre devient stérile Couveuses abandonnées Détruites, inutiles Le bourdon qui s’enfuit A la faveur de la nuit Tout se désespère, renâcle Bientôt c’est la débâcle….
Et puis ce n’est pas tout ! Les fleurs abandonnées N’étant plus déflorées Ne peuvent plus reproduire Leurs humeurs parfumées Et s’éteignent partout Plus de gènes à leur race Ne laissant aucune trace.
Tout est calme alentour Mais la grève a gagné Au nom de la solidarité Il ne reste qu’un vautour Bizbiz est guérie Mais n’a plus de maison Les mille et une envies Ne sont plus de saison
Mesdames et messieurs Réfléchissez auparavant Ne fermez pas les yeux Regardez plus avant Pensez aux conséquences D’une telle imprudence Restez tous vigilants A bien être gagnants
La CoccinelleLA COCCINELLE
Oh ! Belle petite coccinelle Tes élytres se déploient Et tu t’envoles Vers le soleil du soir Puis relèves ton col.
Oh ! Belle petite coccinelle Cette robe pourpre et pois noirs Scintille sous les tirets de lune Et telles deux grosses prunes Qui toutes deux se côtoient Soleil et lune en même temps Illuminent nos brèves vies De bonheur remplies De leur éternel présent.
Oh ! Belle petite coccinelle Tu vibres sous le vent Qui te bouscule si souvent Et tu quittes cette route Que tu te fixes somme toute. Celle du devenir Tu t’éloignes du pire Du choix que tu te fixes Loin des films « X »
Oh ! Belle petite coccinelle Tu es guide de joie Tu es porte-bonheur Pour l’homme Tu es dans notre cœur Et bien tu vois C’est comme Une chouette ritournelle Belle petite coccinelle
Et tu te dis à tout moment En profitant de chaque instant :
La joie de vivre peut entraîner la chance Mais la chance ne doit pas empêcher la prudence L'Araignée qui souffrait de vertigesL’araignée qui souffrait de vertiges…..
Toute la journée, imperturbable, elle tissait sa toile, Attrapait des moustiques, se nourrissait ainsi. Or, elle souffrait d’un mal très pénible pour elle, Car dans sa situation où, toute la journée, elle marchait sur un fil, Elle souffrait de vertiges.
Son logis, créé dans l’espace, lui donnait la nausée. Elle avait peur, toujours peur de tomber dans le néant. Elle était seule, isolée, dans ce monde emmêlé. Or, tous la jalousaient car ils la croyaient libre. Libre de se déplacer à son gré D’agrandir sa maison, selon sa volonté Et même libre d’en changer Si cela lui chantait.
Un jour l’acacia son voisin, Emporté d’un élan méchant D’un coup de branche vengeresse Fit un énorme trou dans sa toile complexe.
L’araignée en faisant le tour de son domaine Raccommodant ici ou là Quelques fils défectueux Faillit glisser dans cet énorme trou. Elle se figea anéantie par la peur Devant ce trou béant angoissant Si profond, si sombre, si noir Donnant sur l’inconnu, le néant.
Que pouvait-il bien y avoir là-dessous ? Prenant son courage à deux pattes Elle ferma les yeux, Et se laissa glisser le long du fil Bien accrochée avec tous ses membres Elle descendait, descendait….. Y aura-t-il une fin ?
Tout-à-coup elle stoppa brutalement. Notre araignée était arrivée au bout de son fil. Auquel sa vie était suspendue ! Tremblante de toutes ses pattes, Son corps velu frémissant au vent, Elle oscilla dangereusement Tel un pendule de radiesthésiste En quête de vérité.
Elle avait la nausée, Ce vertige sournois la harcelait, Elle se décida à ouvrir les yeux Et toute « chiffonnée », Le cœur au bord des lèvres, Elle observa sous elle.
Elle pensa, les gens disent : « oh ! Celui-là a aune araignée au plafond ! » et bien moi je suis au bord du gouffre. Quoique, en observant de plus près Et avec tout ce qui lui restait de concentration Elle s’aperçut qu’elle touchait presque le sol.
Quelques lueurs vacillantes, Des ombres dansantes. Tout tournait autour d’elle. Quel monde étrange ! Lorsque l’on s’aventure loin de chez soi. Frissonnante, Elle s’avança encore plus bas.
De hautes herbes lui chatouillaient le ventre. De curieux animaux se déplaçaient A la queue leu leu, Qui, transportant des petits bouts de branches, Qui, de la nourriture.
Ils gravitaient en tous sens, Grimpaient sur l’acacia, son terrible voisin En redescendaient chargés, Croulant sous leur fardeau Et … disparaissaient sous terre.
Y aurai-il encore un autre monde A explorer ? Une autre organisation de vie Comme celui des fourmis ? Que se passe-t-il là en bas ? Il faudra le savoir et tout voir.
La découverte de l’inconnu la démangea La stimula, elle n’avait plus peur. Et se promit bien de continuer Plus tard ses investigations Dans ces nouveaux mondes.
Elle remonta péniblement de ce trou Qu’elle croyait noir et vide. Mais en fait, Elle avait vaincu sa peur Découvert l’imagination Et en tira une leçon :
Avançons donc avec précautions Dans l’inconnu, et du bonheur De la création Ne craignons pas le vertige.
Le Coucou et le GeaiLE COUCOU ET LE GEAI
Dame coucou se sent prête A pondre son œuf. Voyageuse invétérée, Elle n’a rien préparé Pour accueillir son bébé.
Il lui faut à tout prix Trouver un nid !
Dame geai quant à elle A pondu trois beaux œufs Les couve avec amour Ne s’absentant Que de brefs instants.
Il lui faut vraiment Aller quérir des aliments !
Dame geai laisse un mot : « je reviendrai bientôt ». dame Coucou s’envole son œuf au bord du col.
« quel beau nid que voilà ! » se dit Dame Coucou préparant son coup bas. Elle pondit tout à tra, Prit ses ailes à son cou, Bien vite s’en alla.
Dame Geai s’en revient Chargée de nourriture Ne s’aperçoit du méfait Ou plus, elle n’en a cure Et couve les quatre œufs Comme une sinécure.
Quelques journées après Naissent tris beaux bébés. De jolis oisillons Arborant pavillon « nous sommes tous geais, très geais, heureux et beaux garçons »
un œuf reste encore qui tarde bien à éclore. Surgit le lendemain Un oiseau bien vilain
Qui, se croyant chez lui Jette à bas du nid Les trois beaux oisillons Tel de vieux chiffons.
Toujours d’humeur guerrière Le coucou dernier né Devint maître des lieux Dame Geai à ses pieds. Dans sa tenue altière, Il fait beaucoup d’envieux.
Mesdames, méfiez-vous ! De l’inconnu, protégez-vous ! Point trop bon ne faut être Avec celui qui vient de naître Du fruit d’autres amours Même s’il vous fait la cour L’étouffer dans le nid Sitôt sorti du lit !
Le Jars et le VermisseauLE JARS ET LE VERMISSEAU
Le jars en soi Est un animal fat Il dandine du croupeton, Gonfle du jabot, Parade, caquette.
Or, un soir, un jars Déambule dans sa campagne, Fier et hautain. Pour plus de commodités, Appelons le Napoléon.
Napoléon, donc Observe d’un œil acéré Toute sa basse-cour Depuis un champ de blé Fraîchement moissonné.
Quand, tout-à-coup, Paraît devant lui Un tout petit vermisseau. Napoléon agacé, Cherche à le pincer.
Le vermisseau, Rampe de tous ses anneaux, Vers lui ! S’arc-boute, fait le pont, Se redresse du haut de son petit corps.
Il le fixe ! l’hypnotise ! Napoléon, énervé, Devant tant de témérité Crache, siffle. Enfin, il s’épuise.
Napoléon alors, s’assoit Séance tenante, sur son séant. Vaincu, terrassé, épuisé. Et écoute le vermisseau Lui parler en pensée.
Le vermisseau Droit comme la justice, L’observant jusqu’au fond de son être, Imperturbable, sévère, Lui dit : »Tu vois ! »
« La force de l’esprit Réussit toujours à dompter La vanité mal placée » February 09 la femme à la taille adaptableLa femme à la taille adaptable
Une femme seule dans la tourmente Des âmes esseulées, perdue dans un monde Plein de bruits, de violences, se trouva Un jour reléguée dans un mouchoir de poche Et dut alors s’adapter à ce tout petit espace !
Elle était devenue la maîtresse d’un homme ! En avait perdu une partie de son essence ! Devait se cacher pour le voir, se tasser dans Son ombre que malgré elle, était devenue ! Seule dans ce petit et mesquin face à face.
Quittant le tourbillon où comme une feuille Morte s’envole quittant la souche maîtresse Sans plus de formes aucune déchirée, meurtrie Elle atterrit au sol toute alors aplatie, en deuil Se ramasse à la pelle et chute dans une impasse.
Un enfant passant par là la recueille en son sein Sauvée, par la maternité elle grandit soudain Son œil enamouré pour le petit bambin La rend si belle alors qu’elle s’enferme au bonheur De la vie qui enfin est né dans son grand cœur.
Dans la rue elle danse au son de ses pas nonchalants Sa tête toute bruissée de chants que seule elle entend Immense de beauté, magnifique, adulée, rayonnant De fierté elle oublie tout ce temps Où bien petite elle était oubliée d’un amant. February 07 Histoire de crâneANTOINE, ANTOINE, ANTOINE………… D’un homme que j’connais mal Je vais faire le portrait. On l’appelle Tony Médium, guérisseur, Il prodigue des soins Et ceci, à toute heure. Mais, il n’a pas besoin De boule de cristal : Son crâne lui suffit.
De son inconséquence Mon mari fait les frais : Utilisant pour arme Une malheureuse étai Il lui tape dans l’œil, Clame son innocence, Implore sa clémence. Echappant au cercueil, Jean relève l’offense. Comme l’on touche avec foi La bosse du bossu, Ne voyez donc, ma foi, Dans ce geste incongru Aucune in convenue, Jean tapote avec charme De sa main, en riant, Son cher crâne rutilant.
Il a des goûts bizarres, Mange des mets locaux ; Et quand il vous rencontre ; Il vous dira toujours Et bonjour ! T’as mal où ? Nous nous d’mandons par contre Si il a de l’humour, Joue-t-il avec les mots ? Nous saurons c’la plus tard, Et verrons s’il est fort, Ou alors, s’il est fou ! Il tombe jamais en panne ! C’est du bourrage de crane !
Il avait demandé A corps et à cris Que j’écrive sur lui. Jean-Claude, mon aimé, Je m’occupe du corps, Occupe toi des cris…. Il a l’air d’un brave gars Et …… il ne crâne pas. January 15 le gnome et le cameleonLE GNOME ET LE CAMELEON
Tout fait de cartilages, Il s’extirpe noueux, De l’immonde marécage. Mais, il est né difforme De ce divin passage ! Issu de la terre Et de tout ce qu’elle renferme ; Suite à une cabale, Comme les ondins à l’eau Et les sylphes à l’air ; Les salamandres au feu, Il est l’esprit Qui préside l’élément de terre.
Voici le gnome.
Perdu dans le désert Des sentiments arides, Il heurte une pierre. Elle se met à crier - Aïe !Ouïe ! regarde donc Où tu mes les pieds ! - Désolé, je ne vous avais pas vu J’étais sur mon quartier de lune A écouter parler les étoiles. En êtes-vous une ? - Mais non ! Je suis là Sur le rocher, bien vivant ! Approche-toi, et tu verras Je suis couleur de pierre, Et ressemble au lézard.
Voici le caméléon.
Le gnome se penche, Cherche un peu, Le trouve enfin, L’attrape, Le pose sur sa main. Mais le caméléon disparaît A nouveau. Il regarde alentour Espérant voir passer L’ombre d’une silhouette Qui lui ressemblera ! Est-il donc si farouche ? Est-ce qu’il doute de moi ? - Hé ! Mais non, je suis là Je change de couleur Et cela à toute heure Et bien malgré moi !
Caméléon et gnome Firent donc connaissance Trouvèrent qu’ils avaient De nombreux points communs. Le caméléon lui confia alors : - On ne me voit jamais ! - Et moi, l’on me voit trop ! - Les regards glissent sur moi, Sans jamais s’arrêter ! - Les regards s’arrêtent sur moi, Puis glissent dégoûtés ! Mais que faites-vous ici A l’abri des sous-bois ? Vous devriez vivre aux confins du désert ! - Oui, j’aime l’aventure, Ne suis là que pour toi.
Caméléon et gnome Ne furent plus qu’un seul homme Et se trouvèrent unis Dans la joie de la vie.
De cette histoire, voyons les conséquences : Ne jamais s’arrêter aux stupides apparences Car le cœur et l’esprit peuvent bien vous surprendre Temps, Affection, Patience peuvent amener au Tendre.
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